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Quand un dentiste se prend au jeu de l’entrepreneuriat

  • Bien installé dans son quotidien de dentiste, Laurent Coppens a voulu trouver une solution à la pénurie de praticiens. Il y a 15 mois, il a donc cédé aux sirènes de l’entrepreneuriat en créant Tooddoc. 

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Quand un dentiste se prend au jeu de l’entrepreneuriat

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jeu 07/11/2019 - 15:16

Dix-sept ans de pratique ont largement donné l’occasion à Laurent Coppens de constater la situation : la Belgique – en tout cas dans sa grande majorité - manque de plus en plus de praticiens dentaires. A 45 ans, soutenu par deux copains, il cède donc à l’appel de l’entrepreneuriat en créant Tooddoc, une application qui permet à n’importe qui de prendre rendez-vous en urgence avec un professionnel de santé.  

« Là où je vis, nous sommes 15.000 habitants pour 3 dentistes. Les solutions proposées par les pouvoirs publics prennent un temps fou, regrette-t-il. Ici, on voit qu’il y a un réel intérêt. Je reste persuadé que le privé et le public peuvent être vraiment complémentaires. » 

Un décollage prometteur 

Et les chiffres semblent bien lui donner raison. Quinze mois après son lancement, plus que 50.000 patients ont déjà fait appel à Tooddoc, qui ne couvre plus une mais dix spécialités médicales. 4.200 praticiens au total, du dentiste au psychiatre, en passant par le gynécologue, le généraliste ou encore le dermatologue.  

« Le réflexe c’est d’aller aux urgences mais les urgences sont faites pour des urgences vitales. Faire en sorte qu’elles soient débordées pour de la bobologie, c’est un non-sens économique. Une étude française prouve qu’une admission aux urgences représente un coût global pour la société de 160 euros, alors qu’une urgence prise en charge dans un cabinet de généraliste coûte 27 euros. » 

dentiste entrepreneur
Laurent Coppens

Un concept win-win 

Les contribuables et les patients ne sont pas les seuls gagnants cependant. Pour les praticiens, c’est un moyen facile – l'application est directement synchronisée avec leurs agendas électroniques - de combler les rendez-vous restés vacants ou annulés. Et ce, sans avoir à en passer par le téléphone. Cerise sur le gâteau : personne ne débourse un centime.  

Tooddoc fonctionne jusqu’ici grâce aux 100.000 euros de capital apportés par l’accélérateur de startups Digital Attraxion. Quant à l’avenir, il reposera sur des partenariats avec les acteurs qui gravitent autour du secteur de la santé, comme les mutuelles, les assurances, etc. « Il n’y a pas de secret, si on veut continuer, on est obligé de prouver qu’il y a un intérêt financier. Mais sans matraquer les utilisateurs de publicités, promet le fondateur. Ces acteurs y gagnent surtout en termes d’image. » 

Un apprentissage quotidien 

Laurent, lui, il y gagne en termes de satisfaction personnelle. D’œuvrer au bien de la collectivité évidemment, mais aussi de relever un certain nombre de défis. Le cursus de dentisterie ne prépare pas au fait de devoir se vendre, et encore moins au fait de devoir lever des fonds. L’apprentissage se fait donc au quotidien. 

« J’ai eu la chance de tomber sur les bonnes personnes, qui m’ont aidé pour le marketing, la communication, l’informatique, et qui ont été complémentaires. Par exemple, maintenant, j’utilise Slack (plateforme de messagerie instantanée, ndlr). Il y a un univers digital qui permet de se lancer avec des moyens relativement faibles. Pour l’instant, on n’a dépensé que quelques dizaines de milliers d’euros sur les 100.000. » 

Revers de la médaille : les journées se sont largement rallongées, ou en tout cas densifier. Mais pour le dentiste, l’excitation suscitée par une telle aventure en vaut largement la peine : « chaque jour a des surprises, bonnes ou mauvaises, mais c’est une passion. Il n’y a rien de plus chouette que d’inventer quelque chose, de partir du constat d’un problème et de remuer son cerveau pour trouver une solution. Et ça permet aussi de rencontrer plein de monde de plein de secteurs différents, parce que le secteur médical est quand même assez fermé. » 

Tooddoc est désormais portée par toute une équipe. Pas question donc pour Laurent de laisser tomber son cabinet. Il va juste devoir réduire un peu le nombre de ses consultations, d’autant que la prochaine aventure pourrait bientôt l’amener à travailler avec l’étranger. « On a un contact français très sérieux avec un acteur de la santé qui se montre très intéressé. On va sûrement bosser avec eux », conclut-il avec l’enthousiasme d’un tout jeune entrepreneur.