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Le green IT, un marché à créer en Belgique

  • L’activité informatique, des entreprises surtout, génère beaucoup de pollution. En Belgique, un ancien manager IT, longtemps employé dans des grandes sociétés, a décidé de prendre le problème à bras le corps et, par la même occasion, de se créer son marché.

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Le green IT, un marché à créer en Belgique

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mar 07/05/2019 - 09:08

Longtemps responsable IT dans des grandes entreprises, Olivier Vergeynst a récemment pris conscience de l’impact écologique énorme généré par toutes les activités informatiques. Il s'est donc fixé comme objectif de gagner sa vie en incitant les grosses sociétés en Belgique à embrasser le green IT. En d’autres mots, à adopter une attitude éco-responsable en matière d’IT. Il répond à nos questions.

De quoi parle-ton quand on parle d’impact écologique de l’IT ?

Aujourd’hui, c’est incroyable, mais l’IT émet plus de gaz à effet de serre que l’ensemble du trafic aérien. On entend souvent parler de l’énergie utilisée pour le refroidissement des data centers, mais cette question est moins problématique que par le passé. Le matériel a beaucoup évolué et peut supporter un niveau de température et un taux d’humidité plus élevés. Maintenant, jusque dans le sud de la France, une simple circulation de l’air peut suffire, la climatisation n’est plus nécessaire.

Le plus gros de la pollution vient en fait de l’extraction des matières pour pouvoir créer des ordinateurs, etc. Puis vient la fin de vie des outils informatiques, et ensuite seulement l’impact direct de leur utilisation. On jette du matériel encore fonctionnel, et même si on le recycle, les matières premières ne peuvent souvent pas être réutilisées. Entre 70 et 90% du tonnage des déchets d’équipements électriques et électroniques ne sont pas recyclés ou font l’objet d’un trafic.

Qu’est-ce que les entreprises peuvent faire ?

Il y a beaucoup d’idées reçues sur le sujet, comme l’importance par exemple de vider sa boîte mail. L’impact est vraiment minime. En fait, c’est à chaque entreprise de faire une analyse de son système IT. Car chacune va avoir des solutions différentes pour faire du green IT, en fonction de la taille de ses outils bureautiques, du nombre de pages qu’elle imprime, du fait qu’elle dispose ou non de son propre data center, etc.

Il y a des acteurs par exemple qui collectent les centaines de laptops “en fin de vie” auprès de grandes entreprises pour faire du remanufacturing et les revendre à d’autres entreprises. Ces machines de 3 ou 4 ans, remises à neuf, repartent alors pour un cycle de 3 ou 4 ans.


Alliance Green IT - Le cloud, pas si green !

Comment se porte le green IT en Belgique ?

C’est quasiment inexistant. Cette pollution IT, ce n’est pas quelque chose que les entreprises tentent de cacher, c’est quelque chose dont elles n'ont pas encore conscience. C’est surtout une pollution qu’on ne voit pas, qui a lieu à l’étranger. Et si les managers IT, comme tous les autres managers, ont des objectifs pour réduire l’impact écologique de leur département, ils ne savent pas comment s’y prendre.

En France, le club greenIT.fr, fondé à la fin des année 2000, regroupe plus de 20 grandes entreprises, qui rassemblent leurs moyens pour développer des outils communs, avoir des certifications pour réduire leur impact. Moi, j’aimerais créer une sorte d’antenne en Belgique, qui bénéficierait de cette expérience.

L’idée serait d’abord de viser les grosses entreprises pour avoir un levier financier, puis de s’ouvrir aux PME avec, pourquoi pas, des actions sponsorisées par les pouvoirs publics par exemple pour les aider.

Notre pays est donc très en retard en matière de green IT ?

Il y a eu quelques tentatives dans le passé, dans le sillage de ce qui s’est fait en France, mais c’était trop tôt. Maintenant, on peut prendre un tas de mesures pour éviter de se retrouver face à un mur dans quelques années. Ce n’est pas trop tard.

On n’a pas le choix de toute façon. Il va bien falloir trouver des solutions puisque la Chine, par exemple, a arrêté de donner accès aux terres rares sur son territoire (là d’où sont extraits les minerais pour fabriquer les gsm, ordinateurs, etc. ndlr).

Est-ce qu’on n’est pas dans du green washing ?

Beaucoup de labels sont du green washing mais si on est correctement informé, on peut chercher les bons labels. Des labels qui certifient que les entreprises s’engagent à recycler correctement par exemple.

Votre démarche n’est pas qu’écolo, vous souhaitez créer un marché en Belgique ?

Oui. J’ai arrêté mon activité comme cadre dans un grand groupe international pour prendre le temps d’organiser tout ça. Le but de Green IT Belgium, ce serait de faire de la consultance, de la formation, des conférences pour amener un maximum d’entreprises à se faire certifier, à former leurs équipes, etc.

J’espère bien en vivre. Et j’espère bien ne pas être seul car il y a suffisamment de freelances en IT qui seraient ravis, j’en suis sûr, d’ajouter cette corde à leur arc.

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