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Identité numérique : pouvez-vous vraiment la protéger ?

  • Réseaux sociaux, banques, services fédéraux, e-commerce… Tous les acteurs du web ou presque nous « profilent ». Beaucoup de données sont collectées pour nous faciliter la vie et limiter la paperasse. Une opération win-win sur le papier, mais non sans risques.  

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Identité numérique : pouvez-vous vraiment la protéger ?

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ven 06/09/2019 - 12:49

Les données personnelles des internautes relatives à leur identité prolifèrent dans les serveurs. De plus en plus de services, médias et réseaux exigent une identification sûre. Avantages, inconvénients et risques : on fait le point avec Damien Bancal, journaliste expert en cybersécurité et Olivier Bogaert, commissaire à la Computer Crime Unit de la Police Fédérale.  

Notre « empreinte numérique » 

Notre identité en ligne ressemble finalement beaucoup à notre carte d’identité physique. Pour Olivier Bogaert, « C’est devenu la source de plein d’informations que nous partageons qui vont permettre de nous profiler de manière extrêmement précise. C’est aussi une manière de se comporter dont nous ne mesurons pas toujours la portée, à partager beaucoup d’informations, qui peuvent être stockées. »  

Il faut nuancer d’une part les données personnelles qui sont fournies lors de l’ouverture d’un compte ou d’un profil, et d’autre part les données techniques, celles des ordinateurs et smartphones, qui sont récoltées. Ces informations sont ensuite croisées et constituent la base de notre identité numérique.  

Très pratique, cette identité numérique est utilisée tous les jours et pour diverses actions : payer ses factures, jouer sur une console de jeu, consulter ses comptes, commander un plat préparé, rentrer sa déclaration fiscale, etc. Cependant, ces informations ne sont pas sous le contrôle direct des internautes et mobinautes, mais bien entre les mains des centres de stockages distants.  

Une identité qui peut nous échapper  

Avec toutes ces données stockées dans des milliers de serveurs un peu partout dans le monde, un risque de fuite existe toujours. C’est le point que souligne Damien Bancal : « même si l’on fait attention à protéger nos accès avec des mots de passe efficaces et une double authentification, il faut quand même rester vigilant aux données qui sont rentrées de plein gré. On ne peut pas non plus tout fournir à n’importe qui. Chacun de ces outils est aussi important que la clé qui ouvre la porte de sa maison. »  

Aujourd'hui en Belgique, de plus en plus de services administratifs sont compatibles avec l’application Itsme. Elle permet une authentification sûre et sécurisée depuis son smartphone et rend obsolète le traditionnel lecteur de carte. Deux ans après son lancement, la société revendique plus d’un million d’utilisateurs. Chaque mois, en moyenne, trois nouveaux partenaires adoptent Itsme.  

Une carte à jouer 

Pour l’instant, le RGPD (Règlement Général de Protection des Données) limite la casse. Mais pour Damien Bancal, « cela paraît évident que tout va déborder. La collecte d’informations devient perpétuelle, passe par des protocoles que l’on ne connait pas forcément et qui nous invitent à trop faire confiance trop vite. »  

Pourtant, il semble difficile aujourd'hui de pouvoir se déconnecter totalement. Il faut, quelque part, accepter que nos données puissent fuiter, être revendues ou juste collectées. La marge de manœuvre est limitée d’après nos deux interlocuteurs. Damien Bancal estime que « cela reste encore plus simple d’accepter que tout ce que l’on fait ou tape sur le net puisse un jour être ressorti à notre insu ». C’est le seul véritable contrôle que l’on peut avoir. Pour le reste, « il n’y a plus qu’à espérer l’éducation des adultes, et des générations à venir. »