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On a assisté pour vous au keynote... d'une néobanque

  • Nous étions au second rang du DeLaMar Theater à Amsterdam pour assister à la 11e mise à jour de l’application Bunq. L'occasion d'observer la ferveur des invités et le fossé qui se creuse avec… les banques traditionnelles.

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On a assisté pour vous au keynote... d'une néobanque

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jeu 11/07/2019 - 11:00

La néobanque Bunq réunissait ce 11 juillet une poignée de clients privilégiés (et quelques journalistes) dans le centre d’Amsterdam. Objectif : dévoiler l’#Update11 de son application mobile et de ses services bancaires. La courte (30 minutes) présentation de son CEO, Ali Niknam, a une nouvelle fois pris des allures de keynote de la Silicon Valley. Même scénarisation, même mécanique : une série d’annonces, toutes destinées à changer le quotidien des utilisateurs, toutes applaudies.  

Le concept Bunq, lancé en 2015, est simple : une offre bancaire européenne articulée autour d’une application mobile hyperévoluée, avec des mises à jour régulières et l’ajout de nouvelles fonctions. 

Bunq Update 11 : ce qu'il faut en retenir 

Via son forum public, la banque écoute ses clients. Elle le répète : sa petite taille lui permet d'écouter ses utilisateurs et de mettre en place rapidement les fonctions les plus réclamées, à l'aide d'API ouvertes. Ainsi, l'application peut gérer désormais les dépenses de groupe (Slices) automatiquement, notamment les additions de restaurant. Bunq ajoute également le support de Siri sur iPhone. Traduction : on peut contrôler des virements à la voix. 

Dans certains pays, comme en Allemagne, où le cash reste très présent, des dépôts d’argent liquide seront possibles grâce à un réseau de bornes (Barzahlen) situées dans les commerces. Le versement consiste à numériser un code QR et déposer des billets dans une machine. Là encore : un problème, une solution locale. 

Les comptes business (principalement dédiés aux freelances) offrent deux avancées qui doivent faire pâlir d'envie les banques belges pour entrepreneurs : la réception du paiement d'une facture génère dès aujourd’hui une épargne automatique de la TVA sur un compte dédié. Quant aux reçus et autres factures, ils peuvent être numérisés depuis l'application en prenant une seule photo. Traduction : votre trimestre TVA (preuves de paiement comprises) est envoyé en deux temps trois mouvements à votre comptable, de manière sécurisée et sans la moindre exportation dans un CRM. Très fort également : l'application peut littéralement lire dans vos reçus et donc retrouver la nature d'une dépense, par simple recherche de mots-clés. 

Enfin, Bunq s'affranchit du smartphone, 5 ans après sa création, après avoir souvent juré qu’elle resterait une banque mobile. Une interface web permet désormais de consulter ses comptes... aussi simplement que Whatsapp sur le web. Il suffit de scanner un code QR sur une page web, depuis son application mobile, pour gérer ses comptes sur le web, sans application et sans le moindre Digipass. Là aussi, de manière totalement sécurisée.  

Bunq et les néobanques ont les clés de l’avenir 

Assister au keynote d’une néobanque est un exercice de style déconcertant pour un journaliste, mais il est riche d’enseignements. On peine à imaginer pareil engouement si c’était une banque mobile belge qui réunissait ses clients de la même manière.  

Cela prouve d’abord que seuls les pure players ont l’agilité nécessaire pour faire bouger les lignes dans un monde encore largement assis sur son héritage culturel et industriel. Un agrément bancaire permet ici à une petite structure locale (Bunq est piloté à Amsterdam) de proposer une offre parfaitement en adéquation avec son époque et les attentes de sa cible, principalement de jeunes adultes actifs et mobiles.  

Dénuée de tout réseau d’agence, Bunq réfléchit l’avenir de la banque en corrigeant son offre comme un éditeur peaufine et corrige son application mobile, un bug à la fois. Ali Niknam profite de cette conférence, diffusée sur le web et largement commentée sur les réseaux sociaux, pour inciter les stagiaires et les futurs diplômés à le rejoindre : “Ce qui nous intéresse, ce sont les jeunes talents, car ils ont les clés de l’avenir. Qu’ils nous rejoignent !”  

Le phénomène est fascinant, mais surtout vertigineux pour les dinosaures du monde bancaire, encore largement inconscients du danger qui les guette. S’ils ne mettent pas très vite la main sur ces laboratoires d’idées (ce que BVBA a fait avec Holvi), il y a fort à parier que les néobanques prendront le pouvoir, sans partage possible. Car qui sait ce que l’Update 12, prévue à la rentrée, réserve à ses clients : compte en Libra, crédit, fonds ? N26, Monese, Revolut, rien ne semble pouvoir arrêter un mouvement… sans frontières.