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L’Oréal : un incubateur pour s’essayer au « mode start-up »

  • L’agilité est une caractéristique indispensable aujourd’hui pour réagir aux évolutions du marché. Pour une multinationale cependant, souvent très structurée et très procédurière, c’est plus facile à dire qu’à faire. À moins d’adopter le même mode de fonctionnement qu’une start-up... 

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L’Oréal : un incubateur pour s’essayer au « mode start-up »

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sam 18/05/2019 - 11:00

Les acteurs économiques évoluent aujourd’hui dans un monde VUCA. En clair, dans un monde volatile, incertain, complexe et ambigu, qui requiert de modifier sa manière de recruter, de manager et de s’organiser. 

Sur ce plan, les start-up ont une longueur d’avance. Agiles, elles sont capables de s’adapter rapidement au moindre changement, là où d’autres ont plutôt tendance à s’empêtrer dans les procédures. C’est le cas notamment des services publics, mais aussi des multinationales qui, comme L’Oréal, sont de plus en plus nombreuses à s’inspirer de cette agilité et à se lancer dans l'intrapreneuriat

Un incubateur interne à l’entreprise 

Déjà très friand d’innovation ouverte, le géant français des cosmétiques dispose depuis quelques semaines de son propre incubateur, le MYT. Pas pour aider de jeunes start-up à grandir mais pour inciter ses propres salariés à devenir eux-mêmes plus agiles. « L’agilté, ce n’est pas qu’une flexibilité industrielle, c’est aussi la capacité à transformer l’état d’esprit de l’entreprise, insiste Christian Georges, le General Manager du MYT. Ici, on réalise des solutions mais on transforme aussi les gens avec un esprit intrapreneur, qui consiste à réfléchir, exécuter, collaborer rapidement. » 

Le principe est simple : régulièrement, les équipes de L’Oréal sont invitées à soumettre leur idée pour régler un problème pratique ou organisationnel rencontré dans leur équipe. C’est ensuite à l’ensemble de leurs collègues de voter pour leurs 14 projets préférés... ceux qui pourront être développés pendant 3 mois au sein de l’incubateur.     

14 privilégiés 

Geoffrey Lepère, Performance Project Manager à l’usine de Libramont, fait partie des chanceux. Pendant 3 mois, il passe 20% de son temps au MYT pour valider et prototyper son cobot (robot qui assiste l’homme dans son travail, ndlr). A sa disposition : une équipe qu’il a lui-même constituée, du matériel dernier cri (imprimante 3D...) et des conseils extérieurs. Fondateurs de start-up, étudiants et universitaires se relaient en effet pour partager leur expérience.   

« L’environnement est vraiment fait pour susciter la créativité. Et le fait d’être ici est un vrai décrochage, on est 100% disponible pour travailler sur la solution. A l’usine, ce serait beaucoup plus compliqué. Si les gens voient que vous êtes présent, ils vous sollicitent. » 

Sur les 14 idées incubées au MYT, certaines seront finalement mises de côté alors que d’autres seront directement appliquées dans les entités. Trois enfin bénéficieront de 3 mois supplémentaires de coaching, à temps plein cette fois. 

Une expérience qui fait tache d’huile ? 

Le premier cycle vient de commencer, il est donc encore bien trop tôt pour mesurer l’impact qu’aura cet incubateur sur le fonctionnement de L’Oréal. Alors que le groupe compte quelque 86.000 salariés dans le monde, c’est évidemment une infime minorité d’entre eux qui peut espérer faire partie de l’expérience MYT. Il n’empêche, la société compte sur un effet boule de neige.  

« 14 personnes en influencent 10, qui en influencent 10 autres. L’état d’esprit qu’on crée ici plaît et, à partir du moment où les gens s’y plaisent, ils vont également être porte-parole », insiste Christian Georges. Porte-parole auprès de leurs collègues quant à ces nouvelles manières de travailler, mais aussi à l’extérieur de l’entreprise.  

Avec le MYT, L’Oréal en profite en effet pour travailler son employer branding. Et à en croire Matthieu Dumail, stagiaire en robotique collaborative, c’est plutôt encourageant : « c’est exactement le genre de projet qui rend une société comme L’Oréal attractive parce qu’on a la liberté de développer des projets très rapidement, avec un appui financier derrière qui peut être bien supérieur à celui d’une start-up. » 

 

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