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Quand je serai grand, je serai e-sportif

  • Devenir joueur professionnel de jeux vidéo en ligne, un rêve de gosse pour les plus jeunes générations ? En tout cas, la discipline a de l’avenir d’après notre expert. Le marché de l'esport n'en est qu'au début de sa croissance.

Quand je serai grand, je serai e-sportif

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2 min. de lecture
lun 12/08/2019 - 14:51
Rolando Grandi – International & Thematic Equity Fund Manager chez La Financière de l'Echiquier

Lorsque nous imaginons les activités sportives que nos enfants pratiqueront, il est naturel de les imaginer jouer au football, au tennis, pratiquer l’équitation ou encore s’initier à la stratégie avec les échecs. Il est moins évident de les imaginer  progresser dans les classements de League of Legends ou de Fortnite… Et pourtant… l’Intelligence artificielle (IA) transforme le sport, et les sports électroniques sont devenus de véritables événements internationaux particulièrement en Chine, aux Etats-Unis et en Europe. 

L’essor d’un secteur en pleine effervescence 

A la frontière du sport et des jeux vidéo en réseaux, ce phénomène se démocratise et son ampleur ne cesse de s’étendre. Les nations e-sportives se sont lancées dans l’accueil de compétitions d’envergure.  Un exemple qui donne le vertige ? Plus de 200 millions de personnes se sont connectées pour assister à  la finale 2018 du tournoi international de League of Legends, qui a vu s’affronter l’équipe chinoise (« Invictus Gaming") et l’équipe européenne (« Fnatic") !  

A titre de comparaison, le fameux Super Bowl n’a réuni l’an dernier « que" 103 millions de spectateurs. Le phénomène est planétaire, de Katowice, devenue capitale européenne du esport, à la Corée, qui a dès l’an 2000 autorisé la création d’un organisme gérant l’esport, en passant par la France qui a donné au esport un statut légal. 

Cet engouement grandissant pourrait donner aux esports leurs lettres de noblesse en leur ouvrant la porte de prestigieuses compétitions officielles comme les JO de Paris 2024. Le Comité Olympique a reconnu que « le jeu électronique de compétition comportait une certaine activité physique pouvant être comparée à celle des sports plus traditionnels ». S’il a décidé de retarder cette décision compte tenu des évolutions « fulgurantes » du secteur, il pourrait bien envisager de créer des e-JO. 

En attendant, L’Equipe a déjà ouvert une rubrique esport et vos enfants peuvent intégrer les nombreuses écoles d’esport qui se développent en France. La Paris Gaming School et l’Helios Gaming School par exemple proposent des formations pour devenir professionnel d’esport ou se former aux nouveaux métiers de cette industrie naissante, coach esport, manager, streamer, journaliste e-sportif ou community manager. 

Un marché florissant 

Le secteur offre des belles perspectives. Le marché devrait atteindre 3 milliards de dollars d’ici 2022 selon les estimations de Goldman Sachs, avec des audiences mensuelles de… 300 millions de personnes. Une foule d’acteurs intervient, des éditeurs de jeux vidéo (ACTIVISION BLIZZARD, UBISOFT, TENCENT, EA) aux plateformes de streaming (TWITCH, rachetée par AMAZON, ou encore HUYA en Chine) en passant par les sociétés de hardware (INTEL, NVIDIA, RAZER), les équipes professionnelles (FNATIC, CLOUD9, IG) et bien d’autres encore. 

L’essor de ce phénomène mondial en pleine effervescence semble inéluctable et mérite toute notre attention tant les opportunités d’investissement qu’il pourra offrir sont vastes. 

D’ici là, chers parents, n’ayez crainte. Les tournois de esport rémunèrent mieux leurs joueurs que certains "Grand Slam" de golf. Le gagnant de la Coupe du monde du célèbre jeu Fortnite a récemment empoché 3 millions de dollars.