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Voitures partagées : quel impact sur la mobilité en ville ?

  • Le trafic est-il plus fluide dans les centres-villes grâce au carsharing ? Des éléments de réponses avec Xavier Tackoen, l’administrateur-délégué d’Espaces-Mobilités à qui nous avons posé quatre questions. 

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Voitures partagées : quel impact sur la mobilité en ville ?

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lun 27/05/2019 - 10:37

Les sociétés d'autopartage se font multipliées dans les villes, mais pas toujours avec succès. La possession d'un véhicule propre reste encore bien ancré dans les mentalités, comme nous l'explique Xavier Tackoen, l'administrateur-délégué d’Espaces-Mobilités.

Les différents services de carsharing ont explosé en quelques années à Bruxelles. Cela a-t-il eu un impact sur la mobilité en ville ?  

Cela commence à avoir un impact. Est-ce qu’il est important ? Non. Cela commence dans certaines villes mais cela reste marginal comparé aux gens qui ont une voiture et qui pourraient très bien s’en affranchir car ils roulent très peu. On considère généralement que quand on fait moins de 10.000 kilomètres par an, c’est bien meilleur marché d’opter pour une voiture partagée, que ce soit en station-based ou free-floating. Les deux systèmes sont complémentaires et beaucoup d’utilisateurs utilisent plusieurs plateformes car l’usage est différent.  

Une étude indépendante estime que le carsharing remplace au moins trois voitures privées. C’est déjà bien ?  

C’est même une étude prudente, car le carsharing remplace jusqu’à 8 à 10 voitures particulières. On ne peut pas dire que cela n’a pas d’impact. C’est un outil très important en milieu dense où le stationnement est problématique. L’objectif est de « démotoriser » les ménages car une voiture reste garée 95% du temps, c’est la moyenne. On prend sa voiture pour aller au boulot, une petite course et puis elle ne bouge plus 23 heures sur 24. Il y a un énorme potentiel de report. Et ce n’est pas un problème d’offre, ZipCar (racheté par Poppy) et Ubeeqo ont dû stopper leurs activités. Mais comme dans tout en matière de mobilité, on n’apprend pas aux gens à utiliser ces services, à les expérimenter, à être convaincus par leur utilité. Il y a un déficit de persuasion.  

Pourquoi existe-t-il, ce défaut de persuasion ?  

Il y a une multitude d’obstacles qu’ils soient d’ordre financier ou technologique. Les gens savent que les voitures partagées existent mais ils n’arrivent pas à se projeter. Ils s’imaginent que c’est bien mais que c’est pour les autres. Quand les gens le testent vraiment et qu’ils voient l’efficacité du système, ils sont convaincus.  

Que faudrait-il pour les convaincre ?  

Aujourd’hui les villes font face à des choix cornéliens pour améliorer la mobilité et réaménager des espaces. De facto, la seule chose qu’on va pouvoir enlever, ce sont des espaces de stationnement. La pression va augmenter et c’est un incitant direct pour l’autopartage. La deuxième chose, c’est qu’on doit être dans une politique d’apprentissage qui favorise la mobilité. Il faut donner la possibilité de tester les voitures partagées, sans contrainte de test, de contrat à souscrire. Les gouvernements ont tout intérêt à le faire, comme les entreprises. Et enfin, la réglementation. L’instauration d’une low emission zone à Bruxelles va progressivement renouveler le parc automobile. Des gens vont se demander s’ils devront acheter une nouvelle voiture. Et l’autopartage pourra être une solution.  

 

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