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  • Rage room team building

Rage rooms : tout casser pour apaiser les tensions au travail ?

  • Se défouler et détruire des choses, c’est le concept offert par les rage rooms. Les entreprises devraient-elles le proposer en interne ? Pas vraiment selon Noëmi Panizieri, consultante en bien-être. Interview.

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Rage rooms : tout casser pour apaiser les tensions au travail ?

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dim 23/06/2019 - 12:43

Le concept des rage rooms consiste à détruire tout un tas de choses pour se défouler et laisser échapper sa colère. C’est un bon message ?  

Tout d’abord, il faut bien recadrer que la colère est une émotion. Et comme toute émotion, c’est sain. Se sentir en colère, ressentir la tristesse ou la peur, c’est pareil, c’est une bonne chose. Mais c’est la manière dont on va l’exprimer et la sortir qui sera problématique ou pas selon moi. Est-ce qu’elle est exprimée de façon adéquate ? L’émotion est saine mais la réaction peut être malsaine. Dans ce cas-ci, les rage rooms vont permettre d’évacuer l’agressivité liée à une accumulation de frustration. Comme la goutte d’eau qui fait déborder la vase. Cela peut donc aider à vider la coupe, que cette accumulation sorte de manière cadrée. Mais je ne suis pas totalement pour, cela révèle une dérive de la société.  

Pourquoi voyez-vous cela comme une dérive ?  

L’intérêt des rage rooms pour l’expérience, pour le one-shot, pour s’amuser avec une bande d’amis, évacuer l’agressivité, d’accord. Mais la dérive est présente car on arrive à une expression extrême de ses émotions. On attend d’arriver à un niveau de colère tel qu’on doit passer par le fait de tout casser pour se sentir mieux. Un psychologue dira qu’il n’y a rien de tel qu’une expression régulière de ses émotions. Cela doit être progressif, il ne faut pas attendre d’arriver à ce que cela soit tellement lourd qu’il faille tout péter dans une pièce.   

Les entreprises ont-elles intérêt à proposer une sortie dans une rage room ?  

Lors d’un teambuidling pour le fun, pour l’expérience, pourquoi pas. Mais cela n’aura pas d’effet thérapeutique, je n’irai pas jusque-là. Même si c’est un moyen d’exprimer les émotions et que cela peut éviter d’exploser dans d’autres situations. Mais cela aura un effet très temporaire. Si on fait un parallèle avec un conditionnement pavlovien, il ne faut pas que la personne prenne l’habitude d’utiliser ce concept pour vider sa colère. Ce ne serait pas un bon message envoyé par les entreprises à leurs collaborateurs. Je ne vois pas la plus-value, que ce soit du côté de la direction que des individus.  

Que conseillez-vous dans ce cas ? 

Je préférerais que les sociétés utilisent cet argent du team building pour le bien-être au travail. Pour apprendre à exprimer ses émotions, ce qu’on a le droit de faire et qui est sain. Apprendre que ce n’est pas parce qu’on les exprime qu’on est faible. Les entreprises ont tout intérêt à travailler sur le soutien social, les conditions de travail et l’intégration après un burn-out, qui sont les trois grands axes du bien-être au travail. Avec une sortie comme les rage rooms, on travaille plus sur les symptômes que sur les causes. Ce n’est pas l’idéal.