Aller au contenu principal

Empathie et soft skills, armes de co-construction massives

  • A l’heure où la technologie surpasse l’Homme sur de nombreuses compétences techniques, la différence se fait désormais sur les compétences comportementales. 

Empathie et soft skills, armes de co-construction massives

.
2 min. de lecture
mer 11/12/2019 - 19:24
Isabelle Vandenbussche - Fondatrice de Vandenbussche et Associés, auteure et conférencière

Boosté par le numérique, le marché accélère toujours plus le mouvement de transformation des entreprises. L’économie, désormais globale, est interdépendante. Elle déclenche une mutation où l’empathie et le développement des soft skills marquent la différence. 

L’empathie c’est quoi ? 

L’empathie est l’énergie du lien qui s’établit entre deux êtres vivants. Elle est à la fois physique et psychique. Le phénomène physique se traduit par la contagion des émotions : le rire aux éclats d’un bébé qui nous gagne, le chagrin d’une personne qui nous fait monter les larmes aux yeux. C’est une énergie de chaleur ressentie dans le corps.  

Sur le plan psychique, l’empathie est la capacité à se mettre à la place d’un autre pour percevoir ce qu’il ressent. Elle nous connecte à un autre cerveau que le nôtre. Autrement dit, je change de lunettes. J’éclaire une situation en la regardant sous un angle différent du mien. En somme, le lien empathique instaure un couloir où circulent la chaleur vitale et l’échange de connaissances, mélange propice à l’imagination et à la créativité. Les deux tiers de notre cerveau se développent et s’entretiennent par ce lien. L’empathie est le carburant de notre cerveau.   

Passer en mode CO 

En entreprise, le cadre vertical normé de la pyramide perd du terrain au profit d’organisations transverses en perpétuelle reconstruction. Pour casser les silos, mélanger les angles de vue et s’adapter à un marché versatile, le mode projet coule de source. En revanche, sur le terrain, c’est une autre histoire. Partager les responsabilités, lâcher la main, s’ajuster au rythme de chacun, faire travailler ensemble des profils différents, tout cela est loin d’être évident. Et l’énergie du lien portée par les soft skills se révèle précieuse pour passer en mode CO :  

  • Le co-développement pour augmenter la créativité et trouver des solutions à des problèmes de plus en plus complexes,  
  • Le management collaboratif pour accompagner les équipes, leur donner du sens et démultiplier les énergies.   

Du savoir-être aux soft skills 

Le savoir-être traduisait la bonne posture dans une organisation stable. Les soft skills désignent les compétences nécessaires pour tenir sa place dans une organisation en mouvement. Elles rassemblent tout autant des qualités liées à la personne elle-même (confiance en soi, maîtrise de ses émotions, assertivité, …) que ses aptitudes interrelationnelles (communication, écoute, esprit d’équipe, attention à l’autre…).  

Longtemps perçues comme le parent pauvre des hard skills (les compétences dures sont solides !), les soft skills (les compétences douces sont molles !) se révèlent en réalité des compétences moelleuses. Un bon pâtissier le confirmera : moelleux n’est pas synonyme de mou ! Dans le milieu médical, les soft skills qualifient la bonne posture au chevet du malade (bedside manners).  

À l’heure où les robots et l’intelligence artificielle concurrencent les compétences techniques, où les patients notent leur médecin sur le web, les soft skills gagnent du terrain. C’est parce que la machine fournit des hard skills de plus en plus sophistiquées, que les qualités sociales et comportementales de l’humain marquent la différence.  

Un cocktail vital et vertueux 

Les soft skills se développent chez une personne dont l’énergie du lien empathique circule tant au plan physique que cognitif. L’ouverture à l’autre démultiplie les compétences d’un groupe. Portée par l’énergie positive du lien, conduite dans une dynamique transversale, la mutation économique sera plus efficace. Elle sera plus douce aussi sous peine de perdre des boulons en route (burn-out et autres bore out). 

Un regard, un sourire, la porte que l’on retient pour l’autre, un silence pour accueillir ses mots autour d’un café ou d’un repas. Le lien de chaleur s’établit entre deux regards qui se croisent, un sourire échangé, une oreille attentive. Le respect de l’autre engage le Je et le Tu dans une dynamique positive de partage et de co-construction. Et par la dynamique du cercle vertueux, l’autre, transmet à son tour une énergie empathique… qui développe les soft skills !