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Voyager en cargo, ou comment voyager autrement et doucement

  • Traverser l’Europe ou les océans dans un cargo, c’est prendre le temps. Prendre le temps d’aimer la mer et le navire mais aussi de se retrouver et de déconnecter. Rencontre avec un habitué du slow travel en navire de commerce. 

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Voyager en cargo, ou comment voyager autrement et doucement

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mar 05/03/2019 - 09:00

Le calme d’un port en pleine nuit, un cargo de plus de cent mètres de long… On monte la passerelle et on embarque pour un voyage au long cours. Cette situation, Josep l’a vécue plusieurs fois depuis qu’il est tombé amoureux des voyages en cargo en 2009. « J’aime beaucoup la mer et j’ai eu un bateau aussi. J’ai décidé un jour de naviguer d’une toute autre façon ». Malgré son amour pour la navigation, hors de question pour ce retraité de faire une croisière. « Je n’ai pas envie d’être sur un bateau avec 4.000 personnes. Voyager en cargo, c’est tout autre chose ».

Un membre d’équipage à part entière

Dans un cargo, on ne compte généralement que deux à trois cabines de passagers. « On est maximum quatre à cinq passagers et en comptant l’équipage, nous sommes une vingtaine, même pour un grand bateau ». Ce qu’aime aussi Josep, c’est vivre avec les membres du bateau.

« On est intégré et rapidement considéré comme un membre de l’équipage car on partage leur vie pendant plusieurs semaines. Chacun a ses histoires, ses origines. Les bateaux ont des équipages venant des quatre coins du monde et on en apprend toujours sur les gens. Il y a toujours une ambiance agréable et professionnelle. C’est très méthodique et tout est très précis dans un cargo, malgré son énorme taille ».

Tout seul sur le bateau

Si le bateau peut compter une vingtaine de personnes, la quasi-totalité d’entre elles sont en effet là pour travailler. « Vous avez toujours l’occasion d’être seul dans un si grand navire. Surtout après 18h. Pour eux, la journée est finie et ils se reposent. Le reste du bateau est à vous ». Josep a aussi eu la chance d’être le seul passager du cargo.

« Je pouvais aller n’importe où, à tout moment, j’étais complètement seul. La forme la plus pure de slow travel. On a du temps pour soi, pour admirer la mer et les paysages. Et se retrouver ». Si l’essentiel du voyage est en haute mer, il faut être sur le pont pour admirer les paysages. « Quand on passe dans les fjords norvégiens ou qu’on suit un brise-glaces en Finlande, c’est une expérience incroyable ».

Une question de temps et de budget

Si les voyages en cargo sont ouverts à tous, il y a quelques petits points en leur défaveur. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas le confort vu que les passagers dorment dans de grandes cabines avec tout le confort nécessaire. Non, il faut surtout avoir du temps. « Il faut être très flexible. Le départ peut être retardé, et on ne sait jamais à quel moment on va embarquer ou arriver dans un autre port ».

L’autre, c’est le prix. A raison d’au moins 100 euros par jour en moyenne , ce n’est pas forcément pour tous les budgets. « Je vois beaucoup de jeunes qui sont intéressés à l’idée d’un tel voyage mais qui reculent ensuite devant le prix ». Une chose est sûre, Josep continuera à naviguer sur les mers et n’a qu’un conseil à donner : « Il faut essayer. C’est une expérience formidable ! ».