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Il ne faut pas brûler le business plan

  • Olivier Witmeur nous explique pourquoi le business plan est toujours un passage, si pas obligé, du moins fortement conseillé. Même si la finalité de l'exercice a beaucoup changé.

Il ne faut pas brûler le business plan

1 min. de lecture
mar 22/01/2019 - 09:43
Olivier Witmeur, professeur d’Entrepreneuriat à la Solvay Brussels School of Economics & Management, Université libre de Bruxelles

La préparation d’un business plan a longtemps occupé une place privilégiée en entrepreneuriat. Elle permet en effet de passer en revue toutes les dimensions du projet d’entreprise, notamment :

• démontrer la qualité et le potentiel de l’opportunité,
• présenter la stratégie de la startup,
• définir les priorités avec des objectifs tant opérationnels que financiers,
• identifier les principaux risques et des scénarios alternatifs,
• convaincre les partenaires manquants.

Critiques du business plan

Néanmoins, depuis le début des années 2000, le business plan est régulièrement placé sous le feu de la critique. On propose aujourd’hui souvent de le brûler car :

• L’efficacité du business plan varie trop d’un cas à l’autre. Ainsi, de nombreux entrepreneurs réussissent sans en rédiger alors que d’autres en préparent mais échouent quand même.
• Le monde est caractérisé par tant d’incertitudes qu’il est illusoire de le réduire à un exercice de planification décrivant un futur supposé prévisible.
• La préparation d’un business plan est peu compatible avec la logique d’action des entrepreneurs. • L’élaboration du business plan consomme trop de temps. Les entrepreneurs gagneraient à consacrer ce temps sur le terrain auprès de clients ou partenaires, surtout s’ils ne cherchent pas de financement.
• Les business plans sont devenus uniformes et s’appuient, souvent superficiellement, sur les meilleures pratiques bien connues. Ils échouent alors à aborder les questions de fond.

Face à ces limites, de nombreuses méthodes alternatives, dont la plus connue est incontestablement le Lean Startup et ses déclinaisons, ont vu le jour aux quatre coins du monde. Elles poussent toutes l’entrepreneur à se confronter bien plus vite au terrain et à procéder par essai-erreur rapide.

Nouvelle utilisation du business plan

Les critiques ont permis de faire évoluer tant l’outil que son utilisation qui ne se conçoit plus comme une méthode unique et universelle.

Aujourd’hui, il est évident qu’un entrepreneur démarre souvent avec les moyens du bord et sans idée très précise en tête. Il est également évident qu’il procède par itérations successives. Dans ce contexte, la préparation du business plan se positionne comme une matrice sur laquelle les autres outils et méthodes viennent se greffer. En réalité, tout est compatible et s’articule facilement.

Concrètement, la logique de l’élaboration et l’autodiscipline liée à la formalisation d’un business plan aident à rythmer la démarche entrepreneuriale, assurent de passer en revue tous les éléments essentiels à la réussite d’un projet et finalement reflètent la qualité de sa préparation. Et cela aide à réussir !

Les principales questions d’un business plan :

Les principales questions d'un business plan

Olivier Witmeur a été entrepreneur à plusieurs reprises et a dirigé un incubateur. Il est maintenant professeur d’Entrepreneuriat à la Solvay Brussels School of Economics & Management, Université libre de Bruxelles. Il y supervise le Start.Lab, l’incubateur de l’ULB pour les étudiants et les jeunes entrepreneurs à Bruxelles.