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Pourquoi c’est vous qui devriez engager vos collègues

  • Interview

    Et si le candidat idéal naissait d'un choix collectif plutôt que d'un tri de CV ? C'est l’axe disruptif défendu par l'agence française Valeurs&Valeur avec le concept de recrutement collaboratif. Sa porte-parole bouscule quelques idées reçues.  

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Pourquoi c’est vous qui devriez engager vos collègues

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lun 21/10/2019 - 11:26

Les ressources humaines seront-elles toujours à la barre des recrutements demain ? Ou devront-elles au contraire collaborer pour engager les nouvelles recrues ? D’après l’agence française Valeurs&Valeur, l’avenir est au recrutement collaboratif. Tout le monde y aurait intérêt, comme nous l’explique Laure Marchal, la porte-parole du cabinet expert en innovation RH. 

Peut-être définir ce terme de « recrutement collaboratif » ou participatif, histoire de voir si, finalement on n'est pas dans le simple maquillage syntaxique ? 

Déjà, on ne parle pas de recrutement participatif. En tout cas, pas ici et c'est plutôt rare. Pour expliquer ce qu'on entend par là, c'est assez simple. Le recrutement collaboratif, c'est l'action de recruter ensemble le futur candidat. Quand on dit ensemble, on parle de toutes les personnes qui composent l'équipe concernée, avec les ressources humaines. 

Cas typique. On doit recruter un nouveau commercial. Comment ça se passe concrètement ? 

On met l'équipe autour de la table. En amont, on monte une équipe « projet », en mettant autour de la table différents niveaux hiérarchiques et d'ancienneté. L'idée est de définir une grille des attentes. Par exemple, « avoir le sourire », « aller au contact des autres », « être autonome ». Dès que le profil est clair, nous publions l'annonce et trions les candidatures, en fonction du potentiel, via des approches téléphoniques a priori. 

Et puis, finalement, c'est un face-à-face classique dans un bureau ?  

Non, justement. On organise une journée de recrutement. Une journée complète d'aventures ! Le matin, présentation des uns et des autres. Puis des activités : sport, marche en écoute active ou mises en situation concrètes. Tout cela a l'air gadget, mais en fait pas du tout. Le recrutement participatif permet aux candidats et à l'entreprise de se découvrir dans un cadre naturel. Chaque activité porte un but. 

Et on peut recruter n'importe quel poste de la sorte ? 

Je vous l'assure. Nous avons même recruté, en France, le DG d'une PME de 130 personnes de cette façon. Ce sont les salariés qui ont choisi leur directeur général. Je n'ai pas de cas concret à vous donner en tête pour la Belgique, à part Décathlon à Tournai et ses recrutements originaux, mais c'est une question de temps. 

De là à dire que le bon vieux CV n'intéresse plus personne... 

Moi, je le dis haut et fort. Et cela se vérifie. Je vous explique : une ligne sur votre CV indique que vous parlez anglais, mais cela fait-il de vous un collaborateur ouvert ? Absolument pas. Le recrutement collaboratif va au-delà des compétences, avec une attention particulière aux soft skills. Vous pouvez par exemple être la reine du développement Python, mais pourrir l'ambiance du plateau. 

La faute aux entreprises et aux RH, un peu quand même ? 

C’est certain. Les entreprises vendent bien trop souvent du rêve sur le papier. Et une fois embauché, on déchante. Avec le recrutement collaboratif, les deux parties se voient au naturel toute la journée. C'est bien plus instructif (et durable) qu'un entretien de 30 minutes dans lequel chacun porte un masque. Cela sécurise le recrutement. La responsabilité de l'embauche est collective, partagée et réfléchie. 

Pardonnez-moi, mais on s'y perd un peu, entre les révolutions des RH. Tantôt le recrutement vidéo, la bienveillance, l'engagement sociétal, les soft skills...  

Les soft skills, c'est ça qui prime. Si au départ vous n'êtes ni positif ni souriant, vous n'allez pas le devenir. Et ça peut être un critère important dans une équipe. Par contre, les compétences, vous pouvez toujours les acquérir. Mais vous avez raison, on entend beaucoup de recettes miracles. Pour moi, le futur du recrutement, c'est plus d'égalité entre les parties, pas de prise de pouvoir de l'un sur l'autre. Et oui, de la bienveillance dans les échanges. C'est d'ailleurs une qualité primordiale au dernier stade d'un recrutement, quand on doit annoncer à un candidat qu'il n'est pas embauché.