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Être perfectionniste, cela... se soigne

  • Dans les universités, on constate une hausse significative du perfectionnisme chez les étudiants. Une bonne chose ? Non. Les perfectionnistes sont connus pour mal gérer l'échec pendant leurs études, mais aussi sur leurs lieux de travail et de loisirs.

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Être perfectionniste, cela... se soigne

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mar 23/04/2019 - 09:53

A l'université, les étudiants sont aujourd'hui davantage susceptibles de développer des tendances perfectionnistes que leurs aînés des années 2000 et plus encore 1990. C'est le constat que dressent deux chercheurs britanniques, Thomas Curran et Andrew Hill, dans une étude qui vient d'être publiée. Pour arriver à cette conclusion, ils ont compulsé des études menées sur le sujet aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et au Canada, entre 1989 et 2016. Soit 27 ans.

Le phénomène serait tel qu'on pourrait quasi parler d'un « problème de santé publique », qui risque bien sûr de s’inviter dans les entreprises, tant chez les salariés, susceptibles de faire un burn-out, que chez les managers.

« Je réussis, donc je suis ».

Mais quel est ce problème au juste ? Vu sans recul, être perfectionniste est plutôt une qualité. C'est être sérieux dans le travail, arriver à l'heure à ses rendez-vous, rendre de bons services à ses amis... Seulement, il y a un hic. « Les perfectionnistes ont du mal à gérer les échecs qui surviennent immanquablement dans la vie, explique Céline Douilliez, professeure en psychologie clinique à l'UCLouvain et spécialiste de la question. Des émotions négatives les submergent. Car ils considèrent souvent que leur valeur personnelle dépend de leur capacité à atteindre les exigences qu’ils se sont fixées ou qu’ils pensent que les autres attendent d’eux. Ils peuvent avoir le sentiment que tout leur être est remis en question. »

Les conséquences sont alors pénalisantes voire dramatiques. « Afin d’éviter ces échecs insupportables, les perfectionnistes mettent en place différents comportements. Le salarié accumule les heures supplémentaires. Le sportif tombe dans le surentraînement. D'autres en viennent à procrastiner, c'est-à-dire à remettre des tâches à plus tard... Ces attitudes favorisent le développement ou le maintien de nombreuses difficultés psychologiques : dépression, anxiété, troubles alimentaires, burn-out, etc.»

The perfectionnist Trap – The school of Life

Acte 1 : prendre conscience

Pour expliquer cette progression du perfectionnisme à notre époque, plusieurs hypothèses existent. Les exigences professionnelles n'ont cessé de croître. La rentabilité est devenue un maître mot. Sur le plan social, la télé-réalité a introduit un climat de compétition. De leur côté, certains médias continuent de sublimer des corps humains parfaits...

Sur un campus comme Louvain-la-Neuve, des consultations psychologiques spécialisées ont été mises sur pied pour aider les étudiants mais aussi le grand public à faire face à ce type de difficultés. Jusqu'à présent, elles étaient individuelles. Dès octobre, elles se feront aussi par groupes de 6 à 10 personnes. « L'intérêt d'un travail collectif réside dans les échanges d'expériences, précise Céline Douilliez. Cela permet aux personnes de briser l'isolement dans lequel le perfectionnisme les a plongées. » Quant aux remèdes, ils commencent par une priorité, celle de prendre conscience de la situation. Ensuite, vient le travail de fond : apprendre à gérer ses émotions.