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Dominique Leroy (Proximus): "tout l'écosystème doit changer"

  • Avec la digitalisation, les entreprises ont d’autres attentes en matière de recrutement. C’est tout un écosystème qui doit changer d’après Dominique Leroy, la CEO de Proximus.

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Dominique Leroy (Proximus): "tout l'écosystème doit changer"

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lun 18/02/2019 - 09:42

Les négociations autour du processus de restructuration engagé chez Proximus doivent bientôt commencer entre les syndicats et la direction. Pour rappel, le plan prévoit de supprimer 1.900 emplois et d’en créer parallèlement 1.250. Car, digitalisation oblige, les besoins ont changé d’après Dominique Leroy, la CEO de l’opérateur télécoms historique.

Dominique Leroy, que change la digitalisation dans les processus de recrutement ?

On cherche des gens qui ont un profil différent. On regarde beaucoup leur attitude, pas seulement leurs compétences. Le digital fait qu’on travaille de plus en plus en équipes multidisciplinaires donc on recherche peut-être moins des purs spécialistes. On recherche des gens qui ont l’habitude de travailler en équipe, qui ont une certaine forme de logique, qui comprennent le client. On parle souvent de co-création.

Toutes les interfaces avec le client deviennent de plus en plus digitales, passent à travers des app. Chez nous, il y a les Proximus TV app, MyProximus, etc., qui sont pilotées aussi par des équipes marketing et stratégiques. Ces équipes donnent parfois des instructions à d’autres, alors avoir appris le coding par exemple permet de mieux comprendre ce qu’il y a derrière et de donner les bonnes instructions aux développeurs.

Quel est le plus grand défi de demain ?

Ce n’est pas parce qu’on a un diplôme qu’on est arrivé à ses fins. Le grand enjeu de demain c’est d’avoir des gens avec une volonté de formation tout au long de la vie pour continuer à se développer dans un monde qui change extrêmement vite. Ce qui est important, c’est que les gens aient cette mentalité-là, qu’en arrivant dans un emploi, ils aient toujours envie d’apprendre et de se former.

Il faut bien sûr que l’entreprise offre des possibilités de se former. Il faut que l’enseignement s’adapte et propose plus de formations pour les gens qui ont déjà un travail. Il faut aussi qu’on forme les professeurs, qui n’ont souvent pas appris le digital. C’est tout un écosystème qu’il faut changer, c’est pour ça que c’est compliqué. Mais si on fait ça, il n’y aura pas de problème.

Pas de problème, c’est-à-dire ?

Toutes les études de projections à 2030 montrent qu’il y aura plus de demande d’emploi que de possibilités de gens sur le marché pour les remplir. Il faut d’ailleurs qu’on ait des femmes et des hommes dans les métiers digitaux parce que sinon on n’arrivera pas à remplir les emplois de demain, qui permettront à la Belgique de garder une place importante dans le tissu économique mondial.

Il ne faut pas avoir la crainte que la technologie va supprimer des emplois. Oui, elle va supprimer certaines tâches, mais elle va créer des emplois et, pour ça, il faut que les gens se forment aux nouvelles taches.

Ça reste une transition compliquée...

Chez nous, on a de plus en plus de gens qui sont juste des coachs, des accompagnateurs du changement. Dans les télécoms, on est à l’avant-plan de toute cette digitalisation donc c’est certainement un des secteurs où les besoins de formations et de nouvelles compétences sont les plus importants. De là aussi le plan de transformation qu’on est occupé à faire.

Mais je suis persuadée qu’il y a beaucoup d’autres domaines où des gens qui, chez nous, ne sont peut-être pas suffisamment digitaux que pour garder leur job, peuvent trouver un emploi. Et d’ailleurs, on a beaucoup de demandes en ce sens de toute une série de secteurs et d’entreprises, qui se disent prêts à voir ces personnes parce qu’ils recherchent des gens dans des domaines moins pointus que dans le secteur des télécoms.