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Ces salariés « boomerang », qui partent pour revenir plus forts

  • Témoignage

    « Ça s'en va et ça revient, comme un concept (de plus en plus) populaire », aurait pu chanter Claude François à propos des salariés boomerang : ces travailleurs qui quittent leur boîte… pour mieux revenir !  

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Ces salariés « boomerang », qui partent pour revenir plus forts

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lun 02/12/2019 - 11:15

Dans un marché du travail mobile et flexible, l’employé boomerang n’est plus un oiseau rare. Fini le parcours professionnel linéaire, place aux carrières sinueuses. Tenter sa chance ailleurs, avant de revenir au point départ ? L’aller-retour est parfois une aubaine, entre autres pour la progression de carrière. Une effet boomerang positif que connaît bien Bénédicte, employée dans le secteur de la microfinance : « je m’occupais de la communication dans une ONG. Après quatre ans dans ce service, j’avais fait le tour et j’aspirais à passer du côté opérationnel. Mais l’occasion ne se présentait pas… Jusqu’à ce qu’une fintech me débauche ! Cela tombait à pic et l’offre était alléchante ».  

Le grand saut se produit, mais rapidement se profile la possibilité d’un retour. « Un an plus tard, lors d’une conférence, la (future) directrice de l’association me propose de revenir dans l’ONG », se souvient-elle. « J’étais étonnée et flattée, car elle me proposait le poste tant espéré… »  

Retour à la case départ ? Au contraire ! 

« Je n’aurais jamais eu accès à ce poste de manager, si je n’étais pas partie, raconte Bénédicte. Cela m’a permis de prendre du recul par rapport à mon expertise et à l’organisation ». Si l’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs, l’effet boomerang s’avère parfois un levier payant pour évoluer plus rapidement. Certes, cette « revalorisation » peut être risquée, mais les nouvelles générations semblent ouvertes à ce type de parcours.  

Même si la Belgique reste marquée par un certain « immobilisme » en termes d'emploi, plus de la moitié des travailleurs déclarent vouloir réorienter leur carrière et 30% s'imaginent aller voir ailleurs ! Une autre étude indique qu’une fois partis, 40% des employés ne diraient pas non à un retour au bercail, mais seuls 15% passent à l'acte. L’occasion doit évidemment se présenter… « Pour revenir, j’ai également dû balayer l’idée de l’échec, poursuit Bénédicte. Ce n’était pas un retour en arrière, mais bien une vraie progression dans ma carrière »

On se connaît, non ?  

Les mentalités évoluent aussi du côté des employeurs, mais pas à n’importe quel prix. Condition sine qua non ? Être restés en bons termes. « J’avais été débauchée, précise Bénédicte, donc ma relation avec l’ONG était saine ». Une dimension à prendre avec des pincettes, car, même lorsqu’on se quitte bons amis, un départ peut être perçu comme une trahison, notamment par les collègues. « J’appréhendais un peu cet aspect, révèle Bénédicte. Mais j’avais en même temps confiance en ma capacité à relever le défi professionnel ».  

Pour l’employeur, l’opération « retour » n’est pas dénuée d’atouts, puisqu’il agit en connaissance de cause : sur le plan humain, mais aussi de la connaissance de l’entreprise et des compétences de l’ex-ancien. « La prise de fonction s’est faite très rapidement et en douceur. Je ne regrette pas une seconde mon choix, car je pense que tout le monde y a gagné », conclut-elle. Si le retour est facilité, tout se prépare, même un retour à la maison. C’est pourquoi l’employeur doit veiller à encadrer la réintégration pour éviter un retour de bâton…