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Start-up et capital-risque : les étapes à franchir

  • Vous voulez croître ? A un moment, vous n’aurez pas d’autre choix que de vous tourner vers le capital-risque. Mais comment vous y prendre ? Nathalie Guilmot, project manager au sein d’un accompagnateur de start-up financés par des fonds européens, vous aide à y voir plus clair.

Start-up et capital-risque : les étapes à franchir

2 min. de lecture
lun 08/04/2019 - 08:00
Avis d'expert
Nathalie Guilmot, Responsable des méthodes chez Engine

Votre start-up a passé depuis plusieurs mois l’étape de pre-seed - financée par l’apport initial des fondateurs, des subventions ou les 3F (friends, family, fools) - et entame son premier tour de table. En fonction de vos besoins en financement et de votre état d’avancement, vous pouvez vous orienter soit vers des business angels, soit vers des fonds de capital-risque (Venture Capitalist).

Si vous optez pour la seconde option, sachez que le VC – qui doit lui-même rendre des comptes à ses propres investisseurs – a pour mission d’identifier les start-up au plus fort potentiel de croissance dans le but de générer un retour sur investissement via une exit endéans les 5 à 8 ans. Par conséquent, vous vous en doutez, la concurrence est rude ! Pour un fonds comme Volta Ventures, c’est près de 2.500 dossiers reçus pour seulement 4 à 5 dossiers financés par an. Voici dès lors quelques conseils pour vous aider à franchir les étapes vers la levée de fonds.

Comment obtenir un premier rendez-vous ?

Le premier email envoyé au VC doit être professionnel et lui donner envie d’en savoir plus. Concrètement, on vous conseille d’écrire un email concis, reprenant une brève description de la start-up, des indices relatifs au potentiel de croissance, ainsi que le montant relatif à vos besoins en financement.

Il doit être accompagné d’un slide deck (max 15 slides) et d’un executive summary en anglais. Comme partout, si vous pouvez avoir l’appui d’une personne de référence, c’est préférable. N’hésitez donc pas prendre contact avec d’autres fondateurs ayant été financés par le fonds. Au-delà de vous fournir un premier relai, cela vous permettra de découvrir ce qu’ils pensent du fonds et de leurs relations avec les investisseurs.

Comment décrocher le second rendez-vous ?

Lors du premier rendez-vous, l’objectif principal sera d’arriver à décrocher le second meeting. Il sera donc question de convaincre les investisseurs en vous appuyant notamment sur éléments suivants :

• la taille et les perspectives de croissance du marché que vous adressez
• la détention d’un avantage concurrentiel durable
• l’appui sur une équipe solide et complémentaire

Soyez également prêts à présenter les principales metrics de votre projet ainsi que votre cap-table. A cette étape, il faut savoir se montrer ambitieux sans pour autant faire de fausses promesses. Les VCs détestent les surprises… !

A quoi s’attendre ensuite ? La négociation et la due diligence !

Une fois ces deux rendez-vous réussis, vous rentrerez dans la dernière ligne droite du processus avec la phase de négociation qui portera principalement sur la valorisation ainsi que sur la structure du capital de votre entreprise (cap-table). Afin de se faire une idée de la situation précise de votre entreprise et d’éviter tout risque de « vices cachés », le VC effectuera également différentes « due diligences » (HR, commercial, technique, légale et financière). Afin d’être préparés au mieux pour cette étape, on vous conseille de conserver dès le début de vie de votre l’entreprise l’ensemble des documents liés aux 5 catégories dans une « virtual data room ».

Au lancement de la due diligence, n’hésitez pas à discuter avec le VC du montant maximum dédié à la due diligence et aux services des juristes pour finaliser le contrat. S’élevant généralement aux alentours des 8.000 euros, ces frais seront à prendre à votre charge ou à intégrer dans la levée de fonds. Au cas où vous seriez amené à négocier avec plusieurs investisseurs en parallèle, il est conseillé d’identifier un « lead investor » afin de ne pas démultiplier les due diligences et de signer un seul contrat à la fin des négociations.

Dernier conseil, n’oubliez pas qu’il s’agit d’un processus bidirectionnel : faites également la due diligence de votre investisseur !