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La valorisation ? Élément-clé d’une levée de fonds

  • C’est la pierre angulaire d’un processus de financement. Si aucune formule magique n’existe, l’entrepreneur averti doit apprendre à jongler avec les concepts.

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La valorisation ? Élément-clé d’une levée de fonds

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mar 19/03/2019 - 09:35

La levée de fonds est une phase cruciale dans le parcours d’une start-up. Cette étape où l’entrepreneur, en quête de ressources financières pour franchir un cap, présente son « bébé » à de potentiels investisseurs à la recherche de projets porteurs. L’objectif ? Convaincre ces futurs partenaires, business angels ou fonds d’investissement, à monter sur le bateau. Une rencontre qui peut déboucher sur un « mariage »… à condition de se mettre d’accord, pour le meilleur et pour le pire.

Le bal des négociations

Dès le premier échange avec des financeurs potentiels, la question de la valorisation sera l’un des principaux nœuds de la discussion. Combien vaut l’entreprise actuellement sur le marché et quel sera ce prix théorique après l’investissement ? Cela revient à déterminer la valeur « pré-money » et « post-money » de la jeune pousse.

Vous avez dit capital ? Oui, ces notions sont à la fois décisives et sensibles : en arrière-plan, on touche aux questions du contrôle et de la propriété. C’est pourquoi l’entrepreneur doit se préparer à jongler avec ces concepts avant de monter sur le « ring ». D’autant plus qu’il a parfois intérêt à dégainer le premier… Voici deux équations-clés pour y arriver :

equation

Quelques règles de 3

Imaginons que l’entrepreneur ait besoin d’injecter 200.000 euros pour atteindre ses projections, mais qu’il ne souhaite pas céder plus de 20 % des parts sociales. Il devra alors négocier une valeur pré-money minimum de 800 000 euros (puisque la « post-money » s’élève à un million d’euros). Tout l’enjeu sera d’appuyer cette valorisation sur des données tangibles et un business plan solide.

De leur côté, les investisseurs s’attacheront aux réalisations concrètes de l’entreprise pour formuler une offre. Par exemple, 150.000 pour 25 % des parts. À l’entrepreneur de retomber sur ses pattes pour jauger la proposition : « En mettant cette somme, ils évaluent donc ma start-up actuelle à 450.000 euros et souhaitent prendre le contrôle d’un quart des parts. » Ça va négocier ferme, chaque partie défendant ses propres objectifs, entre fonds nécessaires à la poursuite des activités, valorisation, autonomie de l’entrepreneur et dilution du capital.

Évaluer ? Pas un jeu d’enfants

Pour estimer la valeur de sa boîte, pas de formule magique. Même si plusieurs méthodes de calcul existent, les choses se corsent lorsqu’il s’agit d’une start-up, sans véritable historique commercial ni rentrées de cash. Et pour cause, il faudra juger son « potentiel »… et convaincre de sa capacité à atteindre les projections. La valorisation de l’entreprise doit donc demeurer réaliste pour ne pas créer de faux espoirs ni faire fuir les financeurs.

Dans les grandes lignes, la « valo » pré-money doit correspondre au stade du projet et à son niveau de risque, mais aussi tenir compte de facteurs tels que le secteur, le chiffre d’affaires éventuel, le taux de traction du marché, le potentiel de croissance, l’équipe entrepreneuriale, la maîtrise d’une technologie, etc. Ensuite, tout devient question de négociation.


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Et après ?

Nombre d’entrepreneurs le racontent : une levée de fonds s’apparente parfois à un parcours du combattant. Surtout lorsque le chef d’entreprise se met pour la première fois « à table ». Outre les codes et autres termes techniques à apprendre sur le tas, il faut être capable de séduire, mais aussi de négocier, avant de conclure.

Ce qui signifie se mettre d’accord sur une série de règles, régissant la « vie de couple », mais également sur les modalités organisant la fin de l’histoire (« l’exit strategy »). Tout un programme… consigné dans le pacte d’actionnaires, le contrat de « mariage ».