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Champion de la tech, un titre convoité en Europe

  • La France va mobiliser 5 milliards d’euros pour financer les startups en hyper-croissance, et ainsi tenter de revenir dans la course face à ses voisins allemand et britannique. Objectif : favoriser l’émergence de leaders mondiaux. 

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Champion de la tech, un titre convoité en Europe

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ven 20/09/2019 - 14:01

D’après le journal La Tribune, la France compte aujourd’hui 7 startups valorisées à plus d’un milliard de dollars (appelées licornes, ndlr). Un chiffre qu’elle veut voir passer à 25 d’ici 2 ans. Et pour ça, le pays ne lésine pas sur les moyens. 5 milliards d’euros vont être mobilisés sur 3 ans pour booster la croissance des jeunes pousses les plus prometteuses. Objectif : leur permettre de devenir des numéros 1 mondiales grâce notamment à des levées de fonds de plus de 50 millions d’euros. 

Soutenir le capital-risque  

De plus en plus d’entreprises françaises parviennent à lever de telles sommes. Mais le plus souvent, auprès de fonds étrangers. L’idée est ici de leur permettre de le faire « à la maison ». Des acteurs institutionnels se sont pour ça engagés auprès du gouvernement à injecter 2 milliards d’euros dans les plus grands fonds français de capital-risque. D’après un rapport, publié en juillet dernier, seules des structures dotées d’au moins 800 millions auraient en effet les reins suffisamment solides pour financer des tickets de plus de 50 millions. 

3 milliards d’euros seront par ailleurs placés par ces mêmes acteurs institutionnels dans des fonds dont la visée première est d’investir dans des scaleups cotées en bourse. La suite logique quand on devient licorne... 

La recette du succès ? 

Pour la France, l’enjeu de ce financement est presqu’une histoire d’honneur quand on sait que son voisin direct, l’Allemagne, compte déjà près de 30 licornes et le Royaume-Uni plus de 70 (le décompte est toujours approximatif, les startups non cotées n’étant tenues à aucune transparence). Il y a quelques mois, la presse britannique n’hésitait d’ailleurs pas à revendiquer fièrement son bilan de l’année écoulée, avec une licorne créée chaque mois. Et il semble bien que les capacités de financement soient un facteur explicatif déterminant. 

Selon une étude de Tech Nation et Dealroom, 5 milliards de dollars auraient été investis dans les startups britanniques rien qu’au cours du premier semestre, 75 d’entre elles étant déjà identifiées comme de futures licornes potentielles. Plus d’un tiers des entreprises du secteur tech les plus florissantes seraient ainsi basées outre-Manche. 

L’accès au capital ne fait pas tout cependant. Le Royaume-Uni peut se vanter d’avoir su mettre en place tout un écosystème, avec quelque 150 incubateurs / accélérateurs rien qu’à Londres, ainsi qu’une main d’œuvre très qualifiée et des programmes de recherche à la pointe dans quelques-unes des universités les plus prestigieuses au monde. Last but not least, le pays était le premier en Europe à prendre le virage de la tech à la fin des années 2000, ce qui lui permet, malgré le Brexit, de continuer à attirer les investissements. 

Et la Belgique dans tout ça ? 

A l’heure actuelle, notre pays compte une seule startup valorisée à plus d’un milliard de dollars : Collibra, financée avec des fonds étrangers. Comme le résumait Éric Poskin, consultant en stratégie et communication d’entreprise, dans un article précédent, « la surface financière des investisseurs n'est pas aussi grande qu'ailleurs, qu’outre-Atlantique par exemple, où l'argent coule à flot »