Aller au contenu principal

Fatigué au volant ? Phasya détecte votre somnolence

  • Cette spin-off de l’ULiège dirigée par deux trentenaires a fait de la détection de la fatigue l’une de ses spécialités. Elle travaille aujourd’hui en lien étroit avec les équipementiers automobiles principalement. Et sera au CES de Las Vegas pour y présenter ses innovations.

2
minutes
de lecture

Fatigué au volant ? Phasya détecte votre somnolence

2 min. de lecture
mar 24/12/2019 - 11:37

Dans les locaux liégeois de Phasya, les cartons sont presque prêts et l’excitation grandit. Dans deux semaines, la start-up s’envolera pour Las Vegas. Au programme du voyage : le très prisé Consumer Electronics Show (CES), événement incontournable consacré à l'innovation technologique grand public.

Pour la première fois, la jeune entreprise aura son propre stand là-bas, et déjà, un agenda bien rempli. « Nous avons beaucoup de rendez-vous planifiés », se réjouit Jérôme Wertz, le CEO et cofondateur de la structure. Un déplacement qui permettra à Phasya de mettre en avant les produits qu’elle développe depuis maintenant cinq ans : des logiciels qui permettent de mesurer un certain nombre d’états du cerveau comme la somnolence, le stress ou encore la charge cognitive. « Notre métier, c’est vraiment d’arriver à déterminer les états du cerveau et les mesurer parce qu’ils vont influencer les performances d’une personne et son risque d’erreur ».

Des lunettes aux logiciels

Les choses ont débuté dans les laboratoires de l’Université de Liège il y a une dizaine d’années. « Les premières recherches ont conduit au développement d’une première technologie qui permettait de mesurer le niveau de somnolence à partir de l’analyse d’images de l’œil. Ces images étaient prises par une caméra intégrée dans une paire de lunettes. Ça, c’était vraiment la base du projet », explique cet ingénieur de formation.

En 2014, Phasya est créée, la stratégie est redéfinie autour d’un objectif commercial et les lunettes sont mises de côté. « Aujourd’hui, on se concentre vraiment sur la partie logiciel. Nos logiciels se basent sur l’analyse des données physiologiques, c’est-à-dire des données produites par le corps humain comme des informations venant de l’œil - les clignements par exemple - et le rythme cardiaque. Nous analysons ces indicateurs pour déterminer l’état ». Les logiciels sont intégrés dans des systèmes, en fonction de l’application qu’on veut en faire. « Dans une montre connectée, dans des vêtements intelligents, mais aussi dans les voitures par exemple. Les constructeurs intègrent de plus en plus des caméras qui regardent les conducteurs et peuvent déterminer leur état de fatigue notamment ».  

Premier client : le vaste secteur auto

Le secteur auto, c’est la première cible de Phasya. « Les trois-quarts de nos rendez-vous au CES seront d’ailleurs avec des acteurs ce secteur », reconnaît Jérôme Wertz. « C’est notre principal marché. On travaille essentiellement avec des équipementiers automobiles qui intègrent nos logiciels dans leurs systèmes complets ». Le potentiel est énorme et plus encore depuis l'adoption de nouvelles règles européennes en matière de sécurité routière. Elles prévoient de rendre obligatoires les systèmes de détections de la somnolence à bord des voitures. Un heureux coup de boost pour les activités de Phasya.

Mais les technologies développées par la spin-off intéressent aussi le secteur ferroviaire pour la détection de la somnolence des conducteurs, ou encore l’aviation. « Nous avons fait des tests avec Austrian Airlines. Ils ont utilisé notre technologie pour mieux comprendre les phénomènes de fatigue et de somnolence des pilotes ».

Une visibilité internationale

Aujourd’hui, l'entreprise génère un chiffre d’affaires qu’elle préfère garder confidentiel, tout comme l’identité de ses clients, qui seraient des noms connus. Mais Jérôme Wertz le reconnaît, Phasya n’est pas seule sur un marché convoité par de nombreuses start-up innovantes, venues d’Europe, d’Asie ou d’Amérique. L’entreprise liégeoise, qui emploie cinq personnes à temps plein, assure toutefois se démarquer par son approche scientifique et la précision de ses logiciels.

« Notre autre force est aussi de mesurer différents états, pas uniquement la somnolence, ce qui nous permet de fournir une gamme complète de solutions. Enfin, nous sommes flexibles, on peut s’intégrer dans différents systèmes », insiste le CEO de 33 ans qui gère l’entreprise avec son associée Clémentine François, 32 ans. « Dans le secteur de la surveillance du conducteur, Phasya a maintenant un nom. On a une visibilité internationale ». Preuve de cela, l’entreprise a reçu en juin un CLEPA Innovation Awards, sorte d’Oscars de l'industrie automobile décernés par le comité européen des équipementiers automobiles.

Cécile Danjou