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  • Michel Lagasse fondateur de Ctec

« Dans un partenariat, je ne suis pas là pour un one shot »

  • Longtemps employé dans le secteur auto, Michel Lagasse a opté pour la mobilité douce en 2013. Sa société, Ctec, propose du leasing de vélos aux entreprises. Et la croissance est au rendez-vous, grâce notamment à des partenariats solides et durables. 

« Dans un partenariat, je ne suis pas là pour un one shot »

2 min. de lecture
mar 01/10/2019 - 10:42
Michel Lagasse - Fondateur et CEO de Ctec et Bike Square

Au moment de choisir mes partenaires, ma priorité va systématiquement vers les 2 critères suivants : 1/ partagent-ils mes valeurs, accorde-t-on le même degré d’importance aux mêmes choses ? Et ce d’autant plus que 2/ mon objectif consiste chaque fois à vouloir viser la collaboration à (très) long terme. 

Ce qui précède sonne comme une évidence lorsque l’on parle de « partenaires » : dans le mot « partenariat », le long terme et l’envie de construire « crescendo » sont induits selon moi. 

On dira ce qu’on veut, rien ne remplace un rapide passage par l’étymologie, « partenaires » signifiant « joint heir » (ou « lié par héritage ») et « part tenour », du latin « tenere » qui donnera le « ténor », celui qui tient. C’est limpide. 

Encore faut-il les identifier en vue d’une première rencontre… 

Au moment de faire la connaissance des sociétés qui m’ont été recommandées (je me suis donc d’abord renseigné à leur sujet, sachant que si je les ai trouvées en dehors de mon réseau, je demande des références, des gens à contacter – je rappelle : je ne suis pas là pour un « one shot » et je souhaite que cela dure), je plante le décor en insistant lourdement sur les critères 1/ et 2/ mentionnés ci-avant. Je parle de ce qui m’importe, etc. et je propose très souvent de commencer à travailler ensemble sur un petit « case », un premier dossier de plus petite importance. 

Avancer de la sorte permet de « filtrer » facilement (ceux qui sont là pour engranger « vite fait » ne restent pas longtemps) et de commencer sur une collaboration « ad minima » qui permet à chacun de voir comment l’autre procède, avance, est détailliste ou plutôt l’inverse, avait surtout fait une bonne impression de départ pour finir par faiblir rapidement en efficacité et prise(s) d’initiative(s), etc. 

Accepter de perdre un peu pour mieux gagner ensuite

Une autre façon de me dire qu’un fournisseur/ société mérite l’appellation de « partenaire » consiste à voir dans quelle mesure l’autre est, ou non, prêt à partir vers un déséquilibre momentané de la relation « win-win » dans laquelle on se trouvait jusque-là, sachant que cela lui sera rendu à la première occasion. 

C’est aussi là que je me surprends à être le premier des deux disposé, de façon intuitive et très naturelle, ou pas, à perdre un peu/ beaucoup de mon intérêt/ gain au profit de l’autre partie, avec la conviction profonde qu’un juste retour des choses se passera à court, moyen ou parfois même long terme. 

D’autres éléments à ne pas négliger lorsqu’un « partenariat » s’engage, ce sont l’humour et le plaisir de travailler ensemble. Lorsque l’on a pris tous ces risques pour se lancer dans la vie d’entrepreneur, qu’on est en perpétuelle remise en question et que les échecs se ruminent bien plus longtemps que le temps que l’on se donne pour fêter dignement ses petites et grandes victoires, n’est-ce pas primordial de se donner toutes les chances de (très) bien s’entourer au-delà de sa propre équipe, et ce notamment en choisissant de vrais « partenaires » ?