Aller au contenu principal

Louer plutôt qu'acheter, c'est moins cher et plus écolo !

  • L’achat et la propriété résonnent souvent comme une évidence : « notre » vélo, friteuse ou panoplie de valises de toutes les tailles. Et si l’on consommait autrement ? L’économie de la fonctionnalité propose une alternative… plus durable, économe et responsable. Mais quel business model pour les entreprises du secteur ? 

2
minutes
de lecture

Louer plutôt qu'acheter, c'est moins cher et plus écolo !

2 min. de lecture
mer 22/05/2019 - 11:00

Le terme « économie de la fonctionnalité » peut effrayer… Ce n’est pourtant pas un modèle abstrait ni une théorie pour initiés, mais une réponse aux défis environnementaux. Son principe ? Remplacer la propriété d’un bien par l’accès à son usage (ou fonction). En d’autres mots ? Le client — devenu utilisateur — n’achète pas l’objet, mais paie uniquement pour l’utiliser.  

Les bienfaits de la « non-possession » 

La barrière pour consommer « autrement » est souvent psychologique. « On vit le lâcher-prise de la propriété comme un renoncement ou un “moins-vivre” », explique Xavier Marichal, multi-entrepreneur « durable », expert de la fonctionnalité et cofondateur d’Usitoo, un catalogue en ligne d’objets.  

« Or, c’est une aberration de tout posséder individuellement. Outre le prix d’achat, cela représente des coûts “cachés” : stockage, entretien et s’en débarrasser. » Appareil à raclettes, outils de jardin, tente de camping, etc. Combien de biens encombrent nos armoires pour un usage limité ? La solution : détenir moins et payer une faible fraction du prix uniquement au moment où nous en avons besoin. 

Réseau Alliance – L'économie de la fonctionnalité et de la coopération

Des exemples bien concrets 

Villo, Cambio ou DriveNow sont autant d’options de mobilité proches de la fonctionnalité, en offrant l’accès à un usage, sans vendre le bien lui-même. Désormais, les exemples ne manquent plus : des fabricants d’imprimantes aux marques de pneus qui restent propriétaires de leurs produits, en passant l’alimentation avec des initiatives « zéro déchet » ou le textile avec la mise en location de vêtements.  

Véritable pilier de l’économie circulaire, la fonctionnalité séduit les entreprises, entre autres les grands acteurs, souvent en meilleure position pour « pivoter ». « Le challenge pour l’entreprise est financier, puisqu’il faut un certain volume d’utilisateurs pour être pérenne », souligne Xavier Marichal. Sans oublier que ce n’est pas « juste » du leasing : la démarche doit s’inscrire dans la transition vers une économie plus durable.  

Une parade à l’obsolescence 

« L’autre nœud réside dans la conception d’un business model de mise à disposition d’un service, capable de répondre aux besoins du client et durable ». En restant propriétaire des produits, le fabricant aura aussi tendance à augmenter la qualité de production.  

« Son intérêt est davantage aligné avec les défis du développement durable : améliorer l’efficacité, maximiser la durée de vie, investir dans la maintenance et la réparation, trouver des filières de recyclage, etc. Cela modifie également la façon d’envisager la relation avec ses usagers-clients… devenant plus proche d’un vrai dialogue. »  

  

Les mentalités changent progressivement, notamment au niveau des pouvoirs publics. « Ils ont compris que l’économie de la fonctionnalité permet de relocaliser des emplois », affirme Xavier Marichal. « C’est la combinaison de ces trois “mouvements” — société civile, entreprises et public — qui formera un écosystème plus durable », conclut-il. Le chemin de la fonctionnalité est encore long et bordé d’obstacles, mais Rome ne s’est pas faite en un jour… 

 

Retrouvez-nous aussi sur la page Facebook de Génération Le Soir