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Femmes-Hommes : la diversité est une affaire d’hommes !

  • Trop peu de femmes deviennent encore managers. La faute à la "culture masculine", comme l'explique Vincent Giolito dans cette tribune. Aux hommes donc d'initier le changement.

Femmes-Hommes : la diversité est une affaire d’hommes !

1 min. de lecture
mer 06/02/2019 - 09:29
Dr. Vincent Giolito - Lead researcher - Solvay Brussels School of Economics & Management

Voici quelques semaines, j’ai animé une réunion de présentation d’une étude sur la diversité femmes-hommes dans le top management d’une grande agence publique. Surprise… Il y avait plusieurs hommes dans la salle ! C’est de bon augure pour la mise en place d’initiatives qui permettront à des femmes de talent de percer ce fameux plafond de verre.

Trop souvent en effet, les thématiques de diversité n’attirent que les personnes qui se sentent défavorisées. En ce qui concerne l’égalité de traitement des femmes, il est temps que les hommes s’impliquent. Pour cela, il faut comprendre les raisons de leur réticence. Il y en a au moins deux.

La première est simple, voire simpliste. Beaucoup d’hommes ont été infusés avec une culture de succès obligatoire, une pression à la réussite. Pour eux, favoriser les femmes revient à renforcer la compétition et à diminuer leurs propres chances de promotion.


La seconde raison est plus sophistiquée. Beaucoup d’hommes se sentent en adéquation avec ce que le chercheur en management Geert Hofstede appelle la « culture masculine ». L’appellation est trompeuse, parce qu’il ne s’agit pas à proprement d’une culture de domination des hommes sur les femmes. C’est plus subtil que cela.

La culture masculine représente une vision du monde où les gens sont catégorisés, identifiés à un groupe, les groupes étant à leur tour identifiés à des rôles. La caricature de l’homme au travail et de la femme à la maison n’en est qu’une illustration. La culture masculine oppose aussi, par exemple, les dirigeants et les exécutants. Elle va de pair avec une représentation rationnelle de l’entreprise comme une machine, avec chaque chose à sa place, chaque personne avec une tâche précise. A l’opposé, la culture dite « féminine » conçoit l’entreprise plutôt comme une communauté, moins hiérarchique : la coopération prévaut sur la compétition.

Le problème, c’est que les hommes qui adoptent la culture masculine ne s’en rendent pas compte ! Ils s’en rendent d’autant moins compte dans des pays comme la Belgique, la France ou les Etats-Unis qui sont marqués par cette culture masculine, contrairement aux pays scandinaves, par exemple.

Quelle est la solution ? Il faut que des dirigeants hommes, des pionniers, des visionnaires, quittent leurs lunettes noires qui les rendent aveugles à la culture masculine. Ces pionniers sauront aussi voir que davantage de femmes au management, cela signifie par exemple une meilleure représentation des clients, une ambiance de travail plus respectueuse, plus coopérative. Cela entraînera davantage d’innovation, donc de croissance… Et donc d’opportunités de promotion, pour les hommes comme pour les femmes !